Marie Cambot lauréate essonnienne de Créatrices d’Avenir

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Portrait d'entreprise
C’est la dirigeante d’Innovhem, à Evry-Courcouronnes qui a reçu le trophée Innovation d’Initiative Ile-de-France fin 2021.
Marie Cambot lauréate essonnienne de Créatrices d’Avenir
Crédit : © Les Bandits

Le Trophée « Innovation » Initiative Ile-de-France, récompensant une femme ayant créé une structure s’inscrivant dans une démarche innovante, vient d’être décerné à la fondatrice d’Innovhem basée à Evry-Courcouronnes. Une juste récompense pour celle qui améliore le quotidien des personnes souffrant de drépanocytose.

Cheffe d’une petite entreprise

Deux ans après la création de sa start-up, Marie Cambot a encore du mal à se voir comme « PDG », elle préfère le titre anglo-saxon de « CEO ». Il faut dire que cette ancienne chercheuse dans le public spécialisée en hématologie, est devenue fin 2019 « cheffe d’une petite entreprise » comme elle dit, par hasard. Par mission en fait.

Un véritable enjeu médical

En 2016 elle dépose un brevet avec Pablo Bartolucci, Professeur à l’hôpital Henri-Mondor de Créteil, sur une nouvelle méthode innovante pour la prise en charge des patients atteint de drépanocytose. La plus fréquente des maladies génétiques dans le monde (300 000 naissances par an). « Nous avons développé une combinaison de biomarqueurs qui permet de connaître la sévérité et l’évolution de la maladie grâce à une analyse par intelligence artificielle. » Un outil de diagnostic d’autant plus crucial pour une maladie sans traitement curatif qui concerne une personne sur 2500 en France. De plus, elle n’est pas dépistée automatiquement et a de lourdes conséquences invalidantes (anémie chronique, occlusion vasculaire, atteintes ostéo-articulaires, cardiaques, pulmonaires, rénales).

Une start-up à Genopole

Mais la biologiste constate rapidement que les institutions publiques n’ont pas forcément vocation à développer ce genre d’innovation. « C’était une vraie perte de chance pour les drépanocytaires et j’étais convaincue de son implication sanitaire et sociale, j’ai donc démissionné en 2019 pour co-créer avec Pablo Bartolucci Innovhem une start-up incubée à Genopole. »

Programme Shaker pour biotech innovante

Marie Cambot intègre alors le programme Shaker du biocluster, conçu spécifiquement pour les innovateurs en biotech, et bénéficie d’un accompagnement en matière de marketing, de comptabilité, d’aspects réglementaires, de propriété intellectuelle et de l’aide de Bpifrance. D’autant plus important quand on n’a jamais envisagé de se lancer dans l’entrepreneuriat !

Aujourd’hui Innovhem emploie deux salariés et une stagiaire, et en plus de ses activités de R&D, elle vend à des industriels des prestations de recherche et des études avec un financement en fonds propres. « Et je n’ai jamais senti qu’être une femme à ce poste posait un problème » ajoute celle pour qui « la création d’une entreprise est lourde de responsabilité », mais que « c’est plus facile quand on porte un projet qui a du sens et qui peut changer la vie des gens ».