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[En Essonne Réussir] Cosmyx révolutionne la fabrication industrielle

Publié le 24 Mai 2024
Née d’une initiative solidaire lors de la crise sanitaire, Cosmyx vit une incroyable aventure en participant à l’essor de l’impression 3D industrielle.

La belle histoire commence en mars 2020. Anthony Seddiki fabrique des visières antiprojections avec l’imprimante 3D de son pavillon de Brunoy et les distribue gratuitement aux soignants pour les protéger du Covid. C’est le début d’une chaîne de solidarité qui le verra, en quelques semaines, fédérer des milliers de makers bénévoles, créer l’association Visière Solidaire pour encadrer la réception des dons, démissionner de son poste de technicien itinérant dans l’industrie et faire fonctionner un parc machines dans un bâtiment de 500 m² à Épinay-sous-Sénart. Une évidence pour lui : « Je n’aurais pas pu me regarder dans une glace si je n’avais pas répondu aux appels à l’aide des professionnels de santé. »

Avec plus de 1 500 000 visières produites, l’histoire est déjà remarquable. Elle devient épique quand, fin 2020, une partie de ces bénévoles se lance dans l’aventure entrepreneuriale avec de la love money en créant des imprimantes 3D capables de répondre aux besoins des industriels.

La reconnaissance de l’Élysée

« Cette technologie, aujourd’hui suffisamment mature, est devenue un nouvel outil de production agile pour obtenir rapidement des pièces répétables, limiter les stocks, réduire l’impact environnemental et participer à la relocalisation industrielle avec des applications infinies (armée, aéronautique, spatial, automobile, médical, éducation) », s’enthousiasme Anthony Seddiki, président et cofondateur de Cosmyx avec Olivier Lory, directeur général. En trois ans, l’entreprise embauche dix personnes, signe des partenariats prestigieux (le dernier en date avec le géant allemand de l’armement Rheinmetall après le fabricant de robots Fanuc et Dassault Systèmes) et reçoit de multiples récompenses en tant que start-up innovante.

La pépite est même adoubée par la présidence de la République ! Invitée à présenter sa micro-usine connectée et automatisée à la Grande Exposition du Fabriqué en France à l’Élysée l’été dernier, elle est choisie pour confectionner un cadeau diplomatique (seize pièces d’échecs représentant l’échiquier de Charlemagne pour le Premier ministre indien).

Être dans la lumière permet à Anthony Seddiki de murmurer à l’oreille des politiques la difficulté à trouver des financements sans fonds propres. « Notre réussite commerciale est indéniable et le chiffre d’affaires double d’année en année, mais cela ne reste qu’un chiffre qui ne correspond pas à la réalité de notre trésorerie... Et il est compliqué de continuer à se développer malgré notre histoire exceptionnelle. »

Auteur : Laurence Amette