Economie numérique

Numérique
09 Février 2016
Pour une concurrence saine et un cadre juridique adapté !

Si l’activité économique en Essonne a été meilleure en 2015 qu’en 2014, certains indicateurs se sont encore dégradés. Les défaillances d’entreprises sont plus nombreuses[1] et le taux de chômage essonnien progresse[2].

Certains secteurs d’activité sont plus particulièrement touchés : la Restauration, l’Hôtellerie, le Bâtiment et les Travaux Publics. Une concurrence grandissante des plateformes collaboratives issues de l’économie numérique (restauration à domicile, hébergements touristiques, transports, services à la personne…), une commande publique qui fait défaut dans les Travaux Publics et le Bâtiment[3], l’utilisation croissante de travailleurs détachés sont autant de facteurs de concurrence faussée vis-à-vis des professionnels déjà en place soumis à des contraintes et des normes grandissantes.

Face à la mise en relation entre particuliers dans un nombre croissant de métiers (restauration, hôtellerie, transport, commerce, etc.), les chambres consulaires et les organisations professionnelles se font l’écho des constats dressés par certaines professions et, au-delà de toute interprétation corporatiste, ont décidé lors de l’Assemblée Générale de la CCI Essonne le 1er février 2016 de faire passer un message simple :

Oui au développement du numérique porteur de nouveaux savoir-faire ! Oui à l’économie numérique si dans le cadre d’une concurrence loyale elle permet plus d’efficacité, une meilleure allocation des ressources, une plus grande compétitivité par l’innovation, un meilleur service aux consommateurs. Cette évolution de l’économie est souhaitable mais elle ne doit pas se faire au détriment :

  • D’une concurrence saine et non faussée.
  • De l’emploi : 3,5 millions d’emplois menacés d’ici 2025[4]. Combien de temps faudra-t-il pour en créer autant par la numérisation de notre économie ? 
  • Des recettes de l’Etat et des organismes de protection sociale (TVA, impôt sur le revenu, charges sociales…).
  • Des intérêts des consommateurs : garanties, qualifications, assurances, normes légales auxquelles sont tenus les professionnels et dont l’objet est de protéger le consommateur.
  • De la singularité des activités de proximité (commerce, artisanat, services) : accueil, qualité de service, conseils…

Il ne peut pas y avoir une réglementation à deux vitesses avec d’un côté une augmentation du poids des normes et de la réglementation chez les acteurs existants et de l’autre, une économie complètement débridée.  De fait, il apparaît nécessaire et urgent de concevoir un cadre juridique et fiscal adapté à cette économie de partage pour que la révolution numérique soit une véritable opportunité de développement économique, de création durable de richesse, et d’emplois.


[1] +7,5 % en 2015. Source : Greffe du tribunal de commerce d’Evry

[2] Le taux de chômage en Essonne est passé de 7,6 % au 1er trimestre à 7,9 % au 3ème trimestre 2015. Source : INSEE, taux de chômage localisé

[3] Entre 2014 et 2015, baisse de 14 % du montant des lots sur les marchés des communes, et de 9 % pour les marchés des Département : source FRTP, CNETP, Vecteur Plus

[4] Source : Bruno Teboul, Uberisation=économie déchirée ?, 2015