Grand Paris Express : un rendez-vous manqué pour l'Essonne... un goût amer pour les entreprises
Mise à jour le 28 avr. 2011Dans son cahier d’acteurs relatif au projet de réseau de transport public du Grand Paris, la CCI Essonne se réjouissait de ce métro automatique en rocade qui allait doter le plateau de Saclay d’une desserte rapide et capacitaire -complémentaire au réseau de bus en site propre destiné à la proximité- à la hauteur du niveau d’ambition porté pour ce cluster, le rapprocher des grands centres de décision (Paris en moins de 30 mn, La Défense en 25 mn) et le connecter au monde par l’intermédiaire des gares TGV et des aéroports.
On était face à une avancée majeure pour le territoire de Saclay, et pour l’Essonne. Au lieu de cela, le protocole entre l’Etat et la Région acte un désaccord sur les principes de desserte du plateau, laissant craindre un report sine die de ce qui constitue pourtant une condition essentielle de la réussite du projet de Paris-Saclay. « En 2015, ce sont 18 000 personnes en plus qui sont attendues sur le plateau de Saclay, 35 000 en 2018. Quand on aura créé l’asphyxie et la thrombose, que fera-ton ? » s’alarme Gérard Huot, Président de la CCI Essonne, qui souligne que « le protocole est en double décalage avec le développement du plateau : les réponses proposées ne correspondent pas à l’attente des centres de recherche et des entreprises, et on a un problème de calendrier ».
Les moyens mobilisés pour améliorer les RER et sécuriser le financement du Tram-Train Massy-Evry ou du Tramway T7 jusqu’à Juvisy ne sont pas une consolation. Leur niveau global reste en deçà de l’effort qu’imposent les taux de retard constatés. A cet égard, force est de constater que le protocole n’affiche pas un grand volontarisme.
Il ressort de façon éclatante qu’une fois encore le coeur d’agglomération tire son épingle du jeu : la grande couronne ne reçoit que 25 % des investissements alors qu’elle concentre 45 % de la population régionale. Une situation dont la CCI Essonne et les entreprises qu’elle représente ne peuvent se satisfaire. Et cela d’autant moins qu’elles vont devoir mettre largement la main à la poche : 9 Mds€ supplémentaires sur 15 ans à la charge des entreprises franciliennes pour financer le Grand Paris Express.
Dernier point, non des moindres, d’insatisfaction pour les élus de la CCI Essonne : l’absence totale de prise en compte de la question routière dans ce protocole. Aujourd’hui, en Essonne, 89 % des déplacements se font en voiture. De ce fait, le réseau routier va devoir demain supporter une augmentation significative des déplacements de personnes et de marchandises. Il est impératif que les projets de transports en commun soient complétés par des améliorations de la route, notamment celles permettant une meilleure accessibilité aux gares pour les bus et les voitures.
« Ce protocole entre l’Etat et la Région démontre une chose : nous oublions que nous sommes en concurrence. Quand nos compétiteurs mettent leurs bottes de 7 lieues, nous, nous nous contentons de quelques gracieux entrechats » s’impatiente Gérard Huot.
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